Le blog de Cory Doctorow n’est franchement intéressant que pour des personnes qui ne militent pas (et qui, ne militant pas, ne sont pas informées de ce qui les concerne et n’ont rien de mieux à lire).
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Le blog de Cory Doctorow n’est franchement intéressant que pour des personnes qui ne militent pas (et qui, ne militant pas, ne sont pas informées de ce qui les concerne et n’ont rien de mieux à lire).
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C’est regrettable car c’est un grand écrivain, disposant d’une lecture fine des enjeux techniques et d’influences littéraires solides et avant-gardistes, dans une prose en même temps légère et lumineuse, du point de vue de notre propre classe social, et mordante, à l’égard des pratiques (intelligemment perçues comme un phénomène social, structurel, et non comme le signe d’un dévoiement moral) caractérisant le capitalisme.
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Cette publication, par exemple, ne fait pas le tour du sujet, ne fait que constater un problème sans proposer d’infrastructure à développer, continue de développer une culture antagoniste et sacrificielle du militantisme (ce qui revient à effrayer son audience, tout en cultivant un sentiment viriliste), et stimule même des tendances complotistes… C’est sans doute même le plus grand mérite de son blog : constater intelligemment un réseau d’interdépendance non démenti entre des pratiques incorrectement vérifiées et dont les corrélation sont parfois invalidées, de manière à structurer le complotisme des victimes de Mastodon et compagnie, en tant qu’infrastructure viriliste, hétéro-patriarcale, validiste, et suprémaciste, et à leur faire développer un goût (sans doute un peu viriliste et un peu sadique, à l’image de mon expérience du défi #100DaysToOffload) pour la recherche de la vérité dans les faits et dans la recherche universitaire, plutôt que dans leur essence meurtrie de victimes de violences éducatives.
https://pluralistic.net/2026/03/07/reader-mode/
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Partir de la position selon laquelle une approche holistique serait contre-productive, car le lectorat n’aurait pas à se soucier du financement de la presse, est une position trotskyste, de ma propre expérience, et donnera davantage lieu à des coups de pression sur la direction (au moyen, sacrificiel, d’un surinvestissement des militant·es pour la cause) qu’au développement de solidarités (et donc d’infrastructure) entre utilisateur·ices et militant·es pour les logiciels libres.
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Mais Doctorow n’assume même pas cette position et élude simplement le problème du rapport « gratuit » du lectorat aux publications professionnelles (dû à notre socialisation aux ordinateurs comme à des outils d’éveil, et donc, par suite, à un rapport gratuit à l’informatique – du point de vue du paiement, de l’acquisition de compétences, et des bonnes pratiques de sécurité informatique) en démentant les analyses (réduites à une totalisation twitterienne du problème) mettant en cause « les lois d’acier de l’économie » ou « une demande [“consumériste”] d’avoir des choses sans payer ».
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L’analyse est au moins incomplète car Doctorow ne considère pas la crise de la presse, qui pourrait être due à un entitlement disproportionné de la part de certain·es journalistes à voir une simple capacité de pensée systémique rémunérée par de la revente de données personnelles.
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Au sujet de la revente de données, je me demande si la campagne « Jean-Michel, Hélas » associée aux #élections #municipales de #Lyon (qui consiste à faire des jeux de mots pathétiques sur le nom du principal concurrent au groupe Les Écologistes, donc à occuper l’espace mental que nous pourrions consacrer à la discussion d’un projet de ville et de métropole désirable) ne serait pas associée à #CambridgeAnalytica.
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L’analyse est au moins incomplète car Doctorow ne considère pas la crise de la presse, qui pourrait être due à un entitlement disproportionné de la part de certain·es journalistes à voir une simple capacité de pensée systémique rémunérée par de la vente de données personnelles.
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L’analyse est au moins incomplète car Doctorow ne considère pas la crise de la presse, qui pourrait être due à un entitlement disproportionné de la part de certain·es journalistes à voir une simple capacité de pensée systémiques rémunérée par de la vente de données.
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